Le débat sur le rôle de l'État dans une économie de marché porte sur son degré d'intervention. Historiquement, les libéraux (comme Adam Smith) limitaient l'État à ses fonctions régaliennes, tandis que les keynésiens ont prôné une intervention pour réduire les inégalités et soutenir la croissance économique.
Au XIXᵉ siècle, la pensée libérale dominait, prônant un État minimal limité aux fonctions régaliennes : justice, armée, police, sécurité extérieure, émission de monnaie, et création d'institutions publiques. L'autorégulation du marché était vue comme suffisante. Au XXᵉ siècle, face aux mutations économiques et aux crises, les keynésiens ont démontré la nécessité d’une intervention pour réduire les inégalités et soutenir la croissance.
Explications détaillées :
| Période | Courant dominant | Rôle de l'État | Exemples de fonctions |
|---|---|---|---|
| XIXᵉ siècle | Libéralisme | Minimal, limité aux fonctions régaliennes | Justice, police, armée |
| XXᵉ siècle | Keynésianisme | Interventionniste, économique et social | Redistribution, sécurité sociale |
L'État providence combine les fonctions régaliennes de l'État gendarme avec des interventions économiques et sociales pour maximiser le bien-être et corriger les inégalités. Il fournit des biens collectifs (ex. : éducation) et couvre les risques sociaux (ex. : chômage, maladie, vieillesse). Depuis 1945, avec la création de la Sécurité sociale, l'État redistribue les revenus (via impôts et cotisations sociales) pour réduire les inégalités sociales et promouvoir l'équité. Malgré cela, les inégalités persistent, notamment professionnelles (ex. : cadres vs ouvriers) et extra-professionnelles (ex. : sexe). Entre 2008 et 2010, les revenus des cadres ont augmenté de 1,9 %, ceux des ouvriers ont baissé de 0,3 % (moyenne : 17 430 €). La loi d'Engel montre que les ménages pauvres consacrent plus à l'alimentation, contrairement aux aisés, qui privilégient les loisirs et la culture.
Explications détaillées :
| Fonction | Objectif | Exemple |
|---|---|---|
| Fonctions régaliennes | Assurer la sécurité et le cadre légal | Justice, police |
| Intervention économique | Soutenir la croissance | Politiques budgétaires |
| Intervention sociale | Réduire les inégalités, fournir des biens collectifs | Sécurité sociale, éducation |
| Redistribution | Promouvoir l'équité | Allocations, transferts sociaux |
La politique sociale vise à protéger les individus contre les risques sociaux via des logiques d'assurance et d'assistance, et à lutter contre le chômage par des mesures qualitatives. Elle inclut des redistributions verticale et horizontale pour réduire les inégalités.
La politique sociale repose sur deux logiques :
La redistribution se fait de deux manières :
Explications détaillées :
| Modèle/Type | Financement | Objectif | Exemple |
|---|---|---|---|
| Bismarckien | Cotisations sociales | Assurance professionnelle | Retraite des salariés |
| Beveridgien | Impôts | Solidarité nationale | Soins gratuits pour tous |
| Redistribution verticale | Impôts des aisés | Réduire les écarts de revenus | RSA, aides au logement |
| Redistribution horizontale | Cotisations d’une catégorie | Soutenir une autre catégorie | Allocations familiales |
Le traitement social du chômage est une lutte passive visant à améliorer la qualité de vie des chômeurs via des aides financières (indemnisations) ou humaines (formation, accompagnement) pour maintenir le niveau de vie et lutter contre l'exclusion sociale. L'État peut aussi contenir l'offre de travail via le partage du travail (ex. : 35 heures).
Explications détaillées :
| Mesure | Objectif | Exemple |
|---|---|---|
| Aides financières | Maintenir le niveau de vie | Indemnités chômage |
| Aides humaines | Réinsertion, lutte contre l'exclusion | Formations professionnelles |
| Partage du travail | Réduire l'offre de travail | Réduction à 35 heures |
Les allocations familiales sont une redistribution horizontale, versées aux familles d’au moins deux enfants sans condition de ressources (prestations universelles). Elles représentent 16,9 milliards d’euros dans le budget de l'État. Un rapport du Haut Conseil de la famille (9 avril) propose de moduler ces allocations pour les ménages aisés, car les prestations favorisent les foyers riches. Cette réforme vise une meilleure équité sociale, mais aucune décision n’a été prise.
Explications détaillées :
| Aspect | Description | Problème actuel |
|---|---|---|
| Type | Redistribution horizontale | Favorise les riches |
| Financement | Cotisations de tous les ménages | Budget élevé (16,9 Md€) |
| Proposition | Modulation selon les revenus | Renforcer l'équité sociale |